Midi-Pyrénées secret

   
 
 
 

Bruniquel (81)

Château pour l'éternité

Vous devrez tout d’abord l’admirer de loin. Depuis la route, en provenance de Saint-Antonin -Noble-Val. Le château de Bruniquel se cambre vers le ciel, prolongeant l’immense falaise qui le soutient. Bâti en belle pierre jaune, le monument en impose sans l’arrogance de ceux qui veulent nous en mettre plein la vue. Solide mais élégant, sobre mais raffiné, le château de Bruniquel surplombe l’un des plus beaux villages de France et laisse peu de visiteurs indifférents. Difficile de ne pas lui résister. De ne pas être tenté de se faufiler dans les ruelles escarpées du vieux bourg pour atteindre ses lourdes portes d’entrée. Et c’est là que les visiteurs ont souvent le sentiment de connaître déjà les lieux. Plus ils s’en approchent et plus cette immense bâtisse leur est familière. Bien évidemment. Qui n’a jamais vu le célèbre film “ Le vieux fusil ” de Robert Enrico avec Philippe Noiret ? Et qui pourrait oublier l’effroyable scène où Romy Schneider périt sous le lance-flamme d’un soldat SS ? Ce drame fut tourné ici et une grande partie des habitants de Bruniquel servit alors de figurants. La rencontre avec le château n’en est que plus émouvante. Salle des chevaliers, salle des gardes…la visite présente un solide gaillard bâti sur une assise qui pourrait remonter au 6ème siècle et dont les différentes parties ont pris corps au fil des siècles (du 12ème au 18 ème siècle).Dans le château seigneurial, la galerie de la Renaissance offre une superbe vue panoramique sur les méandres de l’Aveyron. En contre-bas, la fameuse route d’où l’on peut admirer ce château plus éternel qu’un simple décor de film.

   
 

Campan (65)

Le village des Mariolles

L’expression “ faire le mariolle ” viendrait-elle du joli village de Campan ? Certains l’affirment - d’après eux - preuve historique à l’appui. Tout viendrait de Dominique Gaye-Mariole, né en 1767, soldat de l’Empire et géant de plus de deux mètres de haut, qui se serait illustré en 1807 en présentant à Napoléon, en guise de fusil, un canon d’artillerie à bout de bras. Histoire de tester l’humour de l’Empereur et donc faire le mariolle … Quoi qu’il en soit, chaque deuxième dimanche de juillet, tout le village a pris l’habitude de fêter Les Mariolles, sous l’égide de la très sérieuse confrérie des Mariolles. A cette occasion, les habitant en profitent pour perpétuer une autre tradition locale : les Mounaques. Il s’agit d’exposer devant chez soi, sur le pas des portes ou sur les balcons, des poupées de taille humaine et rembourrées de foin. Les Mounaques campent dans leurs beaux habits jusqu’à la fin du mois de septembre. Un atelier de fabrication de petites Mounaques - répliques des grandes - est ouvert au public durant tout l’été.
 
 

Maleville (12)

L’auberge de Thérèse

Il y a des lieux qui ne vous quittent plus une fois que vous y avez goûté. Généralement, les clients du restaurant Montbressous - une auberge-épicerie de 150 ans tenue par Thérèse Montbressous et son frère - deviennent des inconditionnels. Entrez par l’épicerie familiale, l’arrière-cour ou par la cuisine et vous ne réclamerez pas la sortie. Ici, l’ambiance est chaleureuse, sans façon, des nappes à carreaux sur la table, des coupes de foot sur les étagères … et le joyeux brouhaha d’une clientèle conquise par la cuisine traditionnelle. L’assiette est comme le décor, authentique et sans chichi. “ Ici pas de cuisine grasse ” préviennent les patrons. La spécialité de la maison, c’est l’estofinade, un plat à base de morue et d’églefin déshydraté. Mais il faut aussi compter sur la soupe de campagne, la poule farcie, le coq au vin et tous ses petits légumes d’accompagnement qui feraient menu à eux seuls. Quant aux desserts, impossible de faire l’impasse. Les îles flottantes maison ne se refusent pas. A moins d’être dénué de savoir vivre.
       
 

Saint-André (81)

Chez Jacques, c’est gratuit !

Vous avez bien lu … chez Jacques Tarroux et sa femme Josette, tout est gratuit ! Cet ancien patron de cafés et restaurants toulousains a tout simplement décidé d’accueillir gratuitement dans sa maison ou sur sa terrasse, visiteurs et randonneurs de passage. Un café, une boisson fraîche, un bon repas ou même une chambre pour la nuit …tout est offert. “ On se fait plaisir en faisant plaisir aux autres. Nous ne voulons pas jouer au commerce et il n’y a pas de raison que cela change ”. Le tout avec un sens de l’accueil … qui n’a pas de prix.
Jacques et Josette Taroux à Saint-André(81) sur le GR 36. Tél. 05 63 55 38 52

       
     
Textes : Claude Faber
Le Nouvel observateur
- août 2003
dossier spécial Midi Pyrénées